Et il se replaça sur le dos de l'Hérissé, dont la mauvaise humeur semblait s'être dissipée.
—Encore dessus, ô Dieu, oui! pensa Nick. Eh bien, s'il peut s'y tenir, je le lui donne cet imbécile de l'Hérissé. Je ne veux pas avoir un cheval qui se laisse mener par un pareil vaurien, moi!
Tandis que Nick se livrait philosophiquement à ce soliloque, l'Hérissé fournissait à Wiley des preuves incontestables de son éducation.
Après trois ou quatre plongeons vers le sol, il se dressa sur les pieds de derrière, décrivit une mirifique pirouette, se jeta à droite, puisa gauche, et finit par se renverser et se rouler sur le dos.
Si le cavalier eût été moins agile, il ne s'en serait pas tiré sans quelques os cassés; mais il en fut quitte pour des meurtrissures et des contusions.
—Je ne céderai pas d'un point, et si je puis te monter, je te conduirai, exclama Jack furieux en s'avançant pour reprendre le bout du lazzo qui balayait la terre.
L'Hérissé, qui n'était peut-être pas rusé comme le serpent, mais qui avait toutefois la finesse que son maître avait pu lui donner, voulut, sans doute, déployer toutes ses qualités, car, tournant soudain les talons à son triste admirateur, il lui planta ses deux sabots en pleine poitrine et le laissa là, marqué d'une double demi-lune.
Si la force du coup n'eût été à moitié perdue avant d'atteindre Jack, bien sûr que le coquin n'aurait plus, jamais de sa vie, lancé un lazzo au cou d'un cheval.
Accroupi sur le gazon Nick Whiffles s'abandonnait de tout coeur à un de ces bons rires silencieux qui nous prennent parfois et qu'il est impossible de décrire avec la parole ou la plume.
Après cet exploit, l'Hérissé se remit à brouter l'herbe en traînant la lanière sous ses pieds.