L'obscurité était trop grande pour permettre de voir; aussi Nick se sentit-il d'autant plus anxieux de savoir à quelle sorte de compagnon il allait avoir affaire.
Il avait naturellement bonne vue. S'habituant peu à peu à l'obscurité, il finit par distinguer un corps long et noir qui marchait en ligne parallèle avec lui. Whiffles supposa que c'était une personne qui rampait sur ses mains et ses genoux; il ramassa une petite pierre et la jeta à cet objet.
Un grognement menaçant lui répondit.
Nick s'arrêta.
Sa position n'était décidément pas enviable. Il ne savait s'il devait reculer ou avancer.
Un nouveau grognement lui apprit que l'animal auquel il avait affaire était un ours.
Après un moment de réflexion, Whiffles se détermina à continuer son chemin, pensant qu'il y avait plus de sécurité devant que derrière lui, car le peu qu'il avait entrevu de la vallée du Trappeur l'avait défavorablement impressionné.
Nicolas poursuivit donc sa marche, lente et difficile.
Il lui fallait tantôt se traîner le long des pointes de rocher, tantôt franchir un précipice, et tantôt traverser un terrain marécageux où il enfonçait jusqu'aux genoux. Enfin il atteignit l'entrée de la porte du Diable, et déjà il se félicitait de sa bonne fortune, quand un troisième grognement lui fit porter une main à la détente de sa carabine, et l'autre à son couteau-bowie.
Près d'un des prismoïdes de basalte, se tenait un ours, un ours-gris, de taille formidable.