Puis il ajouta d'un ton triste:
—Aurai-je toujours devant les yeux ces hommes farouches? Je les vois passer devant moi comme des spectres. Leur apparition me rappelle des souvenirs qui me remplissent de terreur. Mais il faut reprendre courage. Nick va venir. Sa présence me rassurera tout à fait. Lui, il me rend content—presque heureux. Et pourquoi pas tout à fait heureux? continua-t-il d'un air souriant.
Sebastien s'arrêta, comme pour trouver une réponse à cette question. N'y parvenant sans doute pas, il poursuivit son monologue:
—Et ce jeune homme, ce Pathaway? qu'est-il encore?
Sebastien était troublé.
Sa dernière interrogation l'embarrassait évidemment plus que les premières. Pendant près d'une heure, il se tint contre la porte, la tête penchée sur sa poitrine et les mains jointes.
—Eh bien, qu'y a-t-il, petit? quelle maudite difficulté? cria tout à coup à son oreille une voix forte mais douce.
Sébastien tressaillit et leva les yeux.
Son cher Nick était là, accompagné de Pathaway et d'un autre personnage qui se traînait difficilement près d'un gros chien.
—C'est Portneuf, le voyageur canadien fit Whiffles, en entrant dans la cabane.