Étendu sur l'herbe, au pied d'un arbre, le capitaine abolitionniste avait l'air d'un chasseur livré aux douceurs du repos.
Mais, autour de lui, des traces nombreuses disaient clairement qu'une grosse bande d'hommes et de chevaux avait quitté l'endroit depuis peu.
—Eh! étranger? dit le major en touchant le prétendu dormeur de la pointe de son sabre.
—Qu'y a-t-il? demanda Brown, se frottant les yeux comme s'il s'éveillait en sursaut.
—Avez-vous passé la nuit là? reprit Flogger.
—La nuit! non; je suis arrivé il y a deux heures. Mais qu'est-ce que ça vous fait?
—C'est peut-être un Browniste, insinua un des compagnons du major.
—Ah! vous cherchez Brown! il fallait donc le dire, fit le capitaine avec un air de franchise parfaitement simulé.
—Eh bien, Brown? questionna Flogger.
—Oh! il n'est pas loin d'ici; je le connais.