—Quel autre que vous serait plus digne de nous présider ici? dit Edwin.
—Personne, exclama l'assistance; hourra pour John Brown!
—Et vous, Edwin, dit le colonel Forbes, prenez la place de secrétaire.
Le jeune homme consulta l'assemblée du regard, personne ne protesta; autorisé par cet assentiment tacite, Edwin s'assit à la droite de Brown.
—Messieurs, dit celui-ci, la, séance est ouverte, mais avant de vous communiquer aucun de mes plans, je crois devoir déclarer encore que je ne veux entraîner personne dans la voie que je suis; je n'engage personne à se joindre à moi; je combats pour une cause qui me semble grande et juste, et à laquelle j'ai fait d'avance le sacrifice de ma vie; pour vous, vous avez le choix: que ceux qui ne se sentent pas ardents dans la voie du Seigneur se retirent, et que ceux qui restent sachent bien que leur vie est en danger, et que c'est le pacte de la liberté que nous allons signer de notre sang.
A ces derniers mots, Edwin se leva; le feu de l'enthousiasme brillait dans ses yeux.
—Capitaine, dit-il d'une voix vibrante et sympathique, capitaine, nous sommes tous ici vos enfants; nous sommes tous ici des hommes libres qui souffrons de l'esclavage de nos frères, c'est librement que nous suivrons dans toutes ses entreprises l'apôtre de la liberté.
Ces paroles de Coppie électrisèrent l'assemblée, qui éclata en bravos.
—Jeune homme, dit le colonel Forbes, vous avez été notre interprète éloquent, et vous avez parlé comme le doit faire tout homme libre de la jeune Amérique.
De nouveaux bravos couvrirent la voix du colonel et les cris de vive
Coppie! ébranlèrent les murailles de la ferme de Kennedy.