—Arrêtez! arrêtez! s'écria Fleesham. Morland, accordez-moi une minute de tête-à-tête, rien qu'une minute!
—Volontiers.
—Par ici, Morland, par ici. Excusez, Borrowdale. C'est une affaire qui vous est étrangère. D'un mot je puis la régler. Excusez!
Fleesham était vaincu.
Oui, le vertueux détaillant de moralité et de justice, l'immaculé
Fleesham était vaincu, complètement battu.
Du trône où se carrait complaisamment son rigorisme, il tombait dans le ruisseau de l'infamie.
En traversant avec Morland le passage où il n'était que trop heureux de cacher sa honte, la dégradation de sa physionomie, le tremblement qui l'agitait de la racine des cheveux à la plante des pieds faisaient mal à voir.
C'était un bouleversement de toute cette âme aussi osseuse que l'enveloppe où elle grouillait.
Il se passa quelque temps avant que Morland et Fleesham rentrassent.
A la fin le premier revint seul, au grand étonnement des témoins de la scène précédente. Le jeune homme était tranquille, mais un triste sourire plissait le coin de ses lèvres.