—Scratch! dit mystérieusement Squobb.

Scratch laissa tomber la plume rebelle, s'arracha aux réflexions et releva sa tête.

—Eh bien! fit Scratch.

—Scratch, dit Squobb, le pays court à sa ruine. Protection—Industrie indigène—ce sujet gagne du terrain. Que faire?

—Libre échange—magnifique expression; la perdre ce serait un irréparable malheur! répliqua Scratch avec un geste dramatique.

—C'est vrai; libre échange, voilà une magnifique expression, qui fait un effet merveilleux sur les masses, dit Squobb. Mais c'est le mot, le mot seul! Si ces imbéciles avaient, appelé leur protection libre échange, nous aurions pu travailler de concert avec eux. Il est déplorable que ces deux expressions soient si différentes, car, en définitive, leur protection implique tous les principes de libre échange des VIEUX PAYS, et, de fait, du monde entier. Mais, quant à notre libre échange, il est sans précédent. Il n'est pas douteux, Scratch, entre nous soit dit, qu'il ne réussit qu'à appauvrir le pays et à priver nos manufacturiers et nos artisans du travail qu'autrement on pourrait leur procurer ici.

—Mais l'expression, l'expression! s'écria Scratch.

—C'est vrai, l'expression ou le terme, c'est une armée. Libre échange est un terme populaire. Les gens l'aiment, Scratch, comme ils aiment leur vie. Quant aux principes, bah! qu'est-ce qu'ils en connaissent? La bonne plaisanterie, ah! ah! ah! Les principes! Pourtant, il faut appuyer Fleesham et nos amis sur ce point. Nous ne pourrions tenir une heure sans eux. Et ça me rappelle justement une petite note…

Tirant son éternel carnet, il continua:

—Voyons, c'est cela, c'est cela. Fleesham dit… Voyons… Ah! j'y suis: «Prendre les fermiers; ne pas parler des marchands et des importateurs. Frapper dur sur les accapareurs!» Ça va. Mais comment procéderons-nous, Scratch? Dites-moi ça un peu.