Squobb indiquait un autre personnage qui s'était retiré à quelques pas dans l'embrasure d'une porte.

Borrowdale s'avança vers lui et lui prit la main:

—Mais on ne vous voit plus, lui dit-il; il y a au moins un siècle que je ne vous ai rencontré. Que devenez-vous?

—Ah! pour vous dire la vérité, répondit Fleesham d'un ton qui ne lui était pas habituel, je suis tout honteux et dégoûté de moi. C'est un fait réel, je l'avoue franchement.

Borrowdale, assez surpris, se mit à regarder le journaliste et son bailleur de fonds.

—Oui, reprit Fleesham, je vois clairement aujourd'hui que je me suis conduit comme un âne et une brute dans toute cette affaire de la jeune fille et du pauvre Morland. J'aurais dû me montrer meilleur. Franchement, messieurs, sans essayer de rien déguiser, je confesse que certaines peccadilles de jeunesse auraient dû m'apprendre à suivre une autre voie que celle que j'ai suivie. C'est mal, on ne peut plus mal. Je ne me le pardonnerai jamais, et si je ne parviens pas à réparer tout de suite mes torts envers eux, je… maudirai mon existence!

Il prononça ces paroles avec une chaleur qui ne permettait pas de douter une seconde de leur sincérité.

Borrowdale en fut étourdi.

Cette déclaration de la part d'un homme de la trempe de Fleesham était vraiment foudroyante.

Cependant le timbre de la voix de Fleesham avait résonné comme une suave mélodie aux oreilles du philanthrope!