Mais tout est encore tranquille au dehors et, avec un profond soupir, elle se laisse retomber et presse l'enfant contre, son coeur.
Elle tressaille encore, soulève de nouveau sa tête et la laisse choir sur le grossier oreiller.
Son haleine est sifflante, ses yeux rouges et obscurcis; mais aussi, durant cette longue et fatigante nuit, le sommeil n'a pas un seul moment versé sur elle son baume réparateur.
Ellen est couchée à côté de sa mère.
Elle dort, mais d'un sommeil agité interrompu par la fièvre et le frisson; ses dents s'entre-choquent; elle étire ses membres engourdis et pousse des cris rauques, en demandant qu'on chasse la neige qui tombe sur son corps demi-nu; elle ne jouit d'aucun repos, car son misérable lit est trop froid, ses douleurs trop poignantes.
De l'autre côté est le petit voleur.
Souvent sa mère le couvre de baisers passionnés, car dans son sommeil il demande, en suppliant, du pain.
Infortunée, cette prière la remplit de terreurs; elle soupire profondément, et, tremblante, serre plus fort l'enfant contre son sein.
Venez donc, vous dont les membres s'étendent voluptueusement chaque soir sur l'édredon, dans l'oubli des fatigues et le charme des rêves agréables, venez donc voir cette scène! Ce n'est pas une fable: les faits sont devant vous.
La matinée était déjà bien avancée, et les yeux de Marguerite, qui avaient été si longtemps rivés sur la porte, s'étaient fermés de lassitude, alors que ses enfants, devenaient plus remuants, comme il arrivait ordinairement aux approches de ce réveil à leur détresse réelle dont les songes n'étaient que les ombres, quand la porte s'ouvrit doucement pour laisser entrer le mari et le père de toutes ces misères.