CHAPITRE IV

MADELEINE

Pauvre Madeleine, elle avait l'esprit bien en désordre, et le coeur bien gros, allez, quand, durant cette funeste nuit, elle quitta le misérable appentis qu'on appelait leur maison.

Le temps était calme, clair, le froid piquant.

La lune versait sur Toronto les rayons de sa molle lumière.

Au firmament brillaient les étoiles comme des milliers de perles à une coupole de saphir.

La neige criait âprement sous le pied.

C'était une poétique et sereine nuit, toute remplie de beautés solennelles.

Si belle que fût pourtant cette nuit, elle n'avait aucun charme pour Madeleine. Son front était baigné de sueur, ses yeux étaient brouillés et ses oreilles tintaient.

Machinalement, elle s'arrêta une fois encore sur le seuil de la porte, hésita, puis, prenant une sorte de décision, elle examina les environs, comme pour y chercher quelqu'un qu'elle s'attendait à voir.