Co-lo-mo-o résolut de sonder la Fauvette-Légère.

—Je remercie, dit-il, ma soeur du service qu'elle m'a rendu. En revenant à Caughnawagha, je lui ferai des présents qui lui prouveront que mon coeur n'est point ingrat.

—Hi-ou-ti-ou-li, répondit-elle, ne demande rien. Si son frère Co-lo-mo-o est heureux, elle aussi est heureuse; s'il souffre, elle aussi souffre.

—Ma soeur est bonne, reprit le sagamo. Pourquoi l'esprit du père de ma soeur n'est-il pas semblable au sien?

L'Indienne soupira, et le Petit-Aigle poursuivit:

—L'esprit du père de ma soeur lui parle pour les ennemis du notre race.

—Mais, s'écria vivement la jeune fille, l'esprit d'Hi-ou-ti-ou-li lui parle pour les amis de Co-lo-mo-o. En le voyant pris par les Habits-Rouge elle a pleuré; en le voyant se jeter dans la Grande-Rivière, elle a été réjouie et elle est venue à lui pour l'aider s'il avait besoin de son secours.

Le sachem, se tournant vers elle, lui envoya un regard de gratitude, et il dit:

—Ma soeur veut donc du bien à Co-lo-mo-o?

—Hi-ou-ti-ou-li veut pour Co-lo-mo-o ce qui lui est agréable.