L'exécutif répondit en faisant arrêter la plupart des moteurs de ces résolutions.
L'Angleterre s'émut; mais, suivant l'habitude, son émotion se dissipa en speeches plus ou moins parlementaires. Whigs et tories firent provision de capital politique, pour se grandir dans l'esprit de leurs commettants.
On n'essayait toujours aucune réforme propre à mettre un terme aux dissensions du Canada; mais on hasardait tout pour les aggraver.
Des élections législatives eurent lieu. Elles amenèrent à la chambre un grand nombre de jeunes gens animés par des idées libérales.
«MM. de Bleury, La Fontaine, Morin, Rodier, et autres nouvellement élus, voulaient déjà que l'on allât beaucoup plus loin que l'on ne l'avait encore osé. Il fallait que le peuple entrât enfin en possession de tous les privilèges et de tous les droits qui sont son partage indubitable dans le Nouveau-Monde; et il n'avait rien à craindre, en insistant pour les avoir, car les Etats-Unis étaient à côté de nous pour le recueillir dans ses bras, s'il était blessé dons une lutte aussi sainte.
Ils s'opposèrent donc à toute transaction qui parût comporter la moindre fraction des droits populaires. Ils se rangèrent autour de M. Papineau, l'excitèrent et lui promirent un appui inébranlable. Il ne fallait faire aucune concession. Pleins d'ardeur, mais sans expérience, ne voyant les obstacles qu'à travers un prisme trompeur, ils croyaient pouvoir amener l'Angleterre là où ils voudraient, et que la cause qu'ils défendaient était trop juste pour succomber. Hélas! plusieurs d'entre eux ne prévoyaient pas alors que la Providence se servirait d'eux plus tard, en les enveloppant d'un nuage d'honneur et d'or, pour faire marcher un gouvernement dont la fin première serait d'établir, suivant son auteur[48], dans cette province une population anglaise, avec les lois et la langue anglaises, et de n'en confier la direction qu'à un législateur décidément anglais,» qui ne laisserait plus exister que comme le phare trompeur du pirate, cet adage inscrit sur la faulx du temps: «Nos institutions, notre langue et nos lois.»
Note 48: [(retour) ]
Rapport de Lord Durham, envoyé après les premiers troubles pour faire une enquête sur les affaires du Canada.
Montréal était le foyer du libéralisme.
L'élection d'un député, en mai 1832, y fut signalée par une lutte affreuse entre les troupes et le peuple.
Plusieurs individus restèrent sur le théâtre du combat.