Quoique sorti de Chambly dans la nuit même où le colonel Gore sortait de Sorel, il n'avait pu arriver avant le 25 en vue de Saint-Charles, tant les habitants avaient semé d'obstacles sur sa route.
A midi, il prit position sur une colline qui domine la rivière, et braqua son artillerie contre le camp des patriotes.
Ce camp, fortifié par des ouvrages en terre et en bois, formait un parallélogramme, appuyé d'un côté sur la rivière, et l'autre sur maison de M. Debartzeh, l'un des instigateurs de l'insurrection.
Trouée par par une centaine de meurtrières, cette maison renfermait une foule de tirailleurs.
Deux petites pièces de campagne ajoutaient encore à la force des Canadiens.
Leurs dispositions, leur bravoure, leur permettaient d'espérer la victoire.
Malheureusement, ils étaient commandés par un Anglais mécontent, un certain T. Brown,—un lâche,—qui déserta son poste à l'heure même du combat.
Le signal de l'attaque donné, le colonel Wetherell canonne les retranchements, et lance ses troupes autour du camp pour l'envelopper.
Les Canadiens se défendent avec une incroyable énergie; ils se montrent digne de cette poignée de héros leurs pères qui, semblables aux trois cents Spartiates, culbutèrent sept mille Américains, le 26 octobre 1813, sur les bords de la rivière Châteauguay.
Ah! si un Salaberry était à leur tête!