Note 62: [(retour) ]
Les exemples de cette horrible barbarie ne sont pas rares dans l'histoire du Canada. En 1832, un patriote canadien, Nadeau, fut pris par les Anglais et accroché, au moyen d'un clou planté dans la mâchoire inférieure, à l'aile d'un moulin à vent. Il mit trois jours à mourir!
CO-LO-MO-O (prenant la main du sourd-muet et la serrant avec force)—Je comprends.
Jean-Baptiste alors lui apprit qu'il venait de Beauharnais où tout était préparé pour un mouvement, mais que, sur le carré Chaboillez, il avait égaré un billet important, dont on l'avait chargé pour les patriotes de Montréal.
En causant, ils atteignirent la rue Sainte-Thérèse, qui recevait alors des gens mystérieux par ses cinq avenues. Ces gens s'observaient avec une attention soupçonneuse, échangeaient quelques paroles avec des sentinelles postées à chaque coin de la rue, puis couraient tour à tour à une porte qui s'ouvrait dès qu'on l'avait poussée d'une certaine manière, et se refermait aussitôt sur chaque arrivant.
Entrés par cette porte, Co-lo-mo-o et Jean se trouvèrent dans les ténèbres.
Une main invisible les saisit l'un après l'autre par la main, leur fit avec les doigts des signes auxquels ils répondirent, et les guida à quelque distance. Ils s'arrêtèrent. On leur banda les yeux. Un nouveau conducteur s'empara d'eux et les mena dans une sorte de cave brillamment éclairée, où il enleva le bandeau qui leur couvrait les yeux.
La cave était remplie de monde.
A une table longue se tenaient cinq hommes masqués.
Derrière eux on lisait ces inscriptions en gros caractères:
ASSOCIATION DES FILS DE LA LIBERTÉ[63].