Puis le glas funèbre du tocsin, dont les notes vibrantes dominaient le vacarme de la cataracte, frappa son oreille.

—Qu'est-ce que cela? mes alliés seraient-ils déjà entrés sur le sentier de la guerre? murmura-t-il.

Et, s'élançant sur la statue, il grimpa jusqu'aux premiers rameaux du cèdre.

De ce point, l'oeil embrassait une vaste circonférence.

Nar-go-tou-ké ne l'eut pas plus tôt atteint qu'il s'écria avec un indicible accent de stupeur:

—Le Montréalais est en feu! Jouskeka, protège mon fils!

CHAPITRE V

LE MONTRÉALAIS

Les moyens d'existence des sauvages[30] de Caughnawagha sont très-bornés: la pêche, la chasse constituent les principaux. Et de même que les Hurons de Lorette, les curiosités indiennes, telles que mocassins, bourses, toques, paniers, porte-cigares, etc., fabriqués par leurs femmes et vendus soit aux étrangers, soit à des négociants de Montréal, les aident beaucoup à vivre.

Note 30: [(retour) ]

Les Indiens de Caughnawagha et de Lorette sont ainsi désignés par les Canadiens-Français.