—Ne lui donnez pas ce qu'il demande.

—Mais pourquoi, Louise?

—Pourquoi, parce que j'ai commis une imprudence en tirant sur Molodun, et qu'il ne faut pas l'aggraver par de nouvelles légèretés. Tenez, voyez, les Nez-Percés ont pris l'éveil; ils examinent la côte pour savoir d'où vient cette flèche que j'ai lancée. Molodun n'a pas été atteint grièvement, puisque le voilà debout dans son canot et inspectant la falaise avec plus d'attention encore que les autres. Nous seront vraiment protégés par ce Dieu des chrétiens dont j'aime tant à vous entendre parler, s'ils ne découvrent pas cette ouverture.

—Et quand ils la découvriraient?

—S'ils la découvraient, c'en serait fait de nous.

—Bah! ils auraient besoin d'ailes pour arriver jusqu'ici.

—Vous ne connaissez pas les Indiens, mon cousin; ils y arriveraient.

—Ah! pour ça, ma cousine, je voudrais bien savoir comment, dit Xavier en riant.

—Je vous assure…

—Mais le rocher est à pic jusqu'au niveau du fleuve, à plus de cent verges au-dessous de nous.