—Massa aller à fort Colville?
—Sans doute! pourquoi celle question?
—Difficile, difficile, Grande-Coulée, vilaine route; désert, sable, pas manger, pas à boire, marmotta Baptiste.
—Ta! ta! ta! j'ai déjà suivi ce chemin. Mais le crépuscule est venu. Il n'y a point de lune en ce moment. Il me semble que le soleil s'est couché sous un réseau de nuages. La nuit sera fort sombre. Si tu commençais la représentation?
—Massa et bonne petite demoiselle se munir d'armes et de provisions d'abord, dit Baptiste.
—Il a raison, et, sa prévoyance nous sera assurément d'un grand secours, répliqua Merellum.
Xavier Cherrier était convenablement équipé; il ne prit qu'une gourde de vieux rhum et un taureau de pemmican [14]. Merellum jeta un arc et un carquois sur ses épaules, entoura sa taille d'un long lasso, et plaça à sa ceinture un poignard dont le chasseur lui avait fait cadeau. Il désirait qu'elle y ajoutât une paire de pistolets, mais la Petite-Hirondelle refusa obstinément. Elle avait les armes à feu en horreur.
[Note 14: On appelle ainsi les énormes saucissons de viandes boucanées, confectionnés par les chasseurs du Nord-Ouest. (Voir la Huronne et les Pieds-Noirs.)]
Tandis qu'ils s'apprêtaient, Baptiste se frictionnait des pieds à la tête avec du phosphore. Jamais il n'avait fait aussi luxueuse dépense de ce combustible artificiel. Aussi la salle souterraine était-elle éclairée comme par une illumination à giorno.
Xavier enchanté battait des mains: