—Ah! Nick Whiffles! dit Poignet-d'Acier; je suis aise de vous voir. Qu'y a-t-il donc? On prétend que les Peaux-Rouges veulent assaillir le fort.

—Oh! Dieu, oui! Et je vous apportais votre carabine, capitaine.

—Merci, Nick, merci! Descendez à la cour avec ce jeune homme, dont vous prendrez soin comme de vous-même; j'ai à causer avec le sous-chef.

Le vieux trappeur et Cherrier sortirent aussitôt.

—Eh bien! qu'allez-vous faire, monsieur Boyer? demanda le capitaine au commandant du fort dès qu'ils furent seuls.

—Moi, répondit-il froidement, je vais les attendre après avoir éteint toutes les lumières; et quand ils seront sous la palissade, ne se doutant pas que nous sommes avertis de leur tentative, je les ferai mitrailler par mes coulevrines.

—Mauvais moyen, d'autant plus qu'il n'est pas humain, dit Poignet-d'Acier. Mon opinion est qu'il vaut mieux tâcher de s'emparer de leur sagamo par la ruse, en feignant de parlementer, afin de savoir ce qu'il a fait de votre chef.

—Heu! heu! nous n'obtiendrons rien par la douceur; mais voyons ce qui se passe en bas.

Ils se rendirent dans la cour, où une soixantaine de trappeurs blancs et d'Indiens apprêtaient leurs armes en attendant des ordres.

Il commença par faire faire silence et barricader la porte, et se transporta avec Poignet-d'Acier sur un petit bastion en bois, qui regardait le village quiurlapi.