—Je suis eu ton pouvoir, fais ce que tu voudras, répondit indifféremment la Petite-Hirondelle.
—Alors, ma soeur me promet…
—Je ne promets rien. Tu as aujourd'hui la force pour toi.
—J'aimerais à n'user que de la douceur, dit le chef d'une voix pateline.
—Oui, fit-elle en haussant les épaules, comme le chat sauvage quand il essaye de poser sa griffe sur une tourterelle.
—Ma soeur méconnaît mes intentions. Elles sont franches et claires comme l'eau de la source; je veux l'épouser.
—C'est-à-dire me donner pour esclave à ta femme, après avoir abusé de moi!
—Lioura n'est plus ma femme, reprit-il hypocritement, elle m'a trompé; et si elle revient, je la chasserai. Je donnerai à Merellum tous ses colliers d'aïoqua, toutes ses riches tuniques et toutes les fourrures dont je lui avais fait présent.
—Mon frère est généreux! répondit Merellum avec un ton d'écrasante ironie; oui, il est bien généreux! mais je ne veux pas des présents qu'il a faits à sa femme.
—Molodun t'en donnera d'autres.