»Jacques perdit la tête. Ses lèvres ardentes calcinaient ses dents, et sa salive s'était transformée en vitriol.

»—Je veux boire, donnez-moi à boire!

»—Tiens, bois, mon amour! lui dit la vieille, en lui présentant une cuillère remplie de l'infâme breuvage; bois, et tu épouseras la belle Louison.

»Jacques ne sachant plus ce qu'il faisait, prit la cuillère, l'éleva à sa bouche, et saisi par un remords de conscience, la lança loin de lui. Mais, hélas! il était trop tard; une goutte de bouillon tombée sur sa langue scellait pour l'éternité son pacte avec les démons… oui bien, par la fourche de Neptune!

»Incontinent, les monstres s'approchèrent de Jacques, l'accolèrent à tour de rôle sur les deux joues, et disparurent au milieu d'un épouvantable vacarme.

»Jacques se trouva seul sur la falaise, avec le petit homme.

»—Et maintenant, que désires-tu? lui dit le diable, car c'était le diable, oui bien, par la fourche de Neptune!

»—Épouser Louison, répondit le pêcheur, qui déjà n'éprouvait plus aucune crainte pour Satan.

»—Tu l'épouseras. Ensuite?

»—Être riche.