—Regardez, s'il vous plaît, messire, répondit Grosbec; là, dans la direction de mon doigt…

La troupe s'était arrêtée et faisait silence.

—Je ne vois rien, repartit l'écuyer.

—Il vient de se cacher derrière ce gros buisson; mais il ne tardera pas à reparaître… Tenez, voyez-vous, maintenant?…

—Bien, dit Jean, lui ordonnant de se taire, par un geste de la main gauche, tandis que de la droite, il apprêtait son mousquet.

On distinguait parfaitement, à cinquante pas de distance, un animal qui paissait le gazon.

L'écuyer l'ajusta et fit feu. Le quadrupède bondit sur les quatre pattes, en poussant un bêlement et retomba sur le tapis de mousse. Il était mort.

—Un mouton! c'est un mouton, s'écria triomphalement un des routiers, qui aussitôt après s'était élancé pour saisir le gibier que venait d'abattre Jean de Ganay.

Le routier ne se trompait pas; c'était un mouton et un mouton de magnifique espèce.

On comprend le cri de joie que souleva cette découverte. Jamais dépouilles opimes rapportées par un conquérant ne furent plus fêtées que le cadavre du pauvre membre de la race ovine.