Jean de Ganay poussa la claire-voie, et aussitôt une exclamation vibrante jaillit de ses lèvres.
Guyonne avait disparu!
TROISIÈME PARTIE
OU GUYONNE ET JEAN DE GANAY
I
CINQ ANS APRÈS
Il est environ huit heures du matin. L'air est froid et imprégné d'une moiteur pénétrante. Des vapeurs épaisses, grisâtres, s'élèvent de toutes parts. On ne distingue pas à dix pas devant soi.
Debout sur la glace, deux Individus se livrent à la pêche.
Ils sont hermétiquement enveloppés dans des peaux de loup marin, qui leur encapuchonnent la tête de telle sorte que l'on n'aperçoit que leurs yeux.
La coupe de ces vêtements est aussi grossière que la matière dont ils sont faits. Cependant celui du plus petit des deux individus a une forme moins brute; et soit que la personne qui le porte sache mieux s'habiller que son compagnon, soit que sa conformation ait plus de souplesse, ce costume, quoique singulier, n'a pas mauvaise apparence.