—Le château est investi! le château est investi! répliqua celui-ci en fuyant à toutes jambes.
Sans se troubler, l'écuyer s'élança vers le corps de garde supérieur où était enfermée la manivelle pour monter et descendre la herse.
La plus grande confusion régnait parmi les soldats.
—Abattez la herse! s'écria le vicomte.
—Mais l'ennemi a déjà franchi les fortifications, fit observer un des gardes.
—N'importe! n'importe! qu'on lui coupe la retraite.
Et tandis que les soldats s'empressaient d'obéir à cette injonction, Jean courait à l'escalier qui conduisait à la porte du château proprement dit.
Elle débouchait sur la partie septentrionale du trapèze; l'écuyer pressa ses pas de ce côté; mais quelle que fût sa rapidité, il avait été devance par les assaillants qui se ruaient tumultueusement vers le pont-levis.
Déjà le bruit de l'attaque nocturne s'était répandu de toutes parts. La grosse cloche du donjon sonnait l'alarme Arrachée au sommeil, la garnison se mettait sur pied, et faisait, des préparatifs de défense; tandis que, interrompu au milieu de ses oraisons par les premières rumeurs, le marquis de la Roche s'était précipité dans la cour, où bientôt l'avait joint l'élite de ses hommes d'armes. On lui apprit qu'une troupe de gens inconnus venait de surprendre et de massacrer le corps de garde extérieur.
—Levez le pont, fermez les portes! dit-il avec le plus grand sang-froid. Qu'une compagnie se rende à la plate-forme, une autre dans les tours, et que les femmes, les enfants et les domestiques soient confinés dans le donjon.