—Noble damoiselle Marie-Antoinette-Guyonne, comtesse de Pentoêk, souffrez que le plus humble de vos serviteurs vous offre votre extrait baptistaire.
Plus profondément étonnée encore par l'acte du vicomte que par la vue des sceaux armoriés qui ornaient le pli, Guyonne ne fit pas un mouvement.
—Prenez, reprit l'écuyer d'une voix douce; ce papier contient la preuve de l'illustre origine de laquelle vous descendez.
Et comme la jeune fille surprise jusqu'à l'effroi par cette déclaration soudaine dont la portée même lui échappait, demeurait toujours dans une immobilité voisine de la prostration, Jean de Ganay lui prit la main et la baisa respectueusement en y déposant le parchemin.
—Monseigneur, balbutia, Guyonne je ne comprends pas.
—Écoutez-moi, dit vivement le jeune homme, écoutez-moi, noble fille, vous ne me devez plus le titre de monseigneur. Pour vous, je ne suis qu'un simple écuyer, et vous, damoiselle Guyonne, vous comptez parmi vos ancêtres les plus illustres et les plus valeureux seigneurs de la Normandie et de la Bretagne. Damoiselle Guyonne, celle que vous aviez coutume de nommer votre mère ne l'était pas; celui que vous aviez coutume de nommer votre père ne l'était pas non plus. Votre mère, Guyonne, s'appelait Élisabeth-Guyonne de la Roche; elle était soeur du marquis Guillaume de la Roche-Gommard, et d'Adélaïde de la Roche, mère de Laure de Kerskoên. Vous appartenez donc, damoiselle Guyonne, aux de la Roche par les femmes, et monseigneur Guillaume de la Roche est votre oncle maternel.
—Sainte Vierge! se peut-il? n'est-ce pas un rêve? s'écria-t-elle, tandis que le vicomte continuait:
—Votre père, damoiselle Guyonne, fut un vaillant capitaine,
Georges-Arthur-Maxime de Pentoêk, comte de Saint-Lô.
—Mais comment? c'est une erreur! vous vous trompez, monseigneur…, disait la jeune fille bouleversée.
—Descellez ce parchemin et vous reconnaîtrez la vérité.