—Et moi, je dispose, répliqua le Mangeux-d'Hommes avec un coup d'oeil sévère à l'interrupteur, qui se rassit en maugréant.

On applaudit chaudement au mot du capitaine, et Barthélémy reprit:

J'étrillons messieurs les Anglés,
Qu'avions voulu faire les mauvés,
Qu'avions voulu faire les mauvés,
Dame! c'est qu'ils ont trouvé des drilles,
Qu'avec eux ont porté l'étrille.

—Ta chanson, dit Jésus, ne marque pas de sel, mais je voudrais, ce soir, quelque chose qui sentit le trappeur. Voyons, toi, Jacques-le-Majeur, qu'as-tu dans ton sac?

—Moi, je ne connais que la Gloire des Bois-Brûlés [29].

[Note 29: Cette chanson a trait à un combat sanglant qui eut lieu en 1818, à la rivière Rouge (Voir la Huronne), entre les Bois-Brûlés et les gens de lord Selkirk. On la chante toujours avec enthousiasme dans les réunions de trappeurs canadiens.]

—Eh bien! conte-nous la Gloire des Bois-Brûlés.

—Avec plaisir, capitaine, fit Jacques-le Majeur, qui tout aussitôt s'écria:

Voulez-vous écouter chanter (bis)
Une chanson de vérité. (bis)
Le dix-neuf de juin, la bande des Bois-Brûlés
Sont arrivés comme de braves guerriers.

En arrivant à la Grenouillère,
Nous avons fait trois prisonniers,
Trois prisonniers des Arkanys, [30]
Qui sont ici pour piller notre pays.