La caisse fut apportée aux pieds de Dubreuil. Shungush-Ouseta, rompant la taciturnité dans laquelle il était plongé, dit à l'ingénieur, en lui présentant une clé qu'il avait prise dans son sac aux amulettes:
—Ouvre, mon frère.
D'une main tremblante, Adrien Dubreuil ouvrit le coffret.
Il renfermait une épée brisée et un fort rouleau de parchemin avec ce titre:
LA VIE ET LES AVENTURES DE DIVERS MEMBRES DE LA NOBLE FAMILLE DES DU BREUIL ES-PAYS DE LA NOUVELLE-FRANCE.
—Sans vous manquer de respect, mar'chef, vous nous lirez ça, dit Jacot Godailleur à Adrien, qui considérait avec un respect religieux ces souvenirs de ses aïeux.
—Et, si vous m'en croyez, jeune homme, vous en ferez des livres imprimés, afin qu'on sache dans la vieille France, qui nous a oubliés, quoique nous l'aimions toujours, ce que valurent les Canadiens, si malheureusement abandonnés par elle, continua le père Rondeau d'une voix émue.
—Et Shungush-Ouseta espère, ajouta le sagamo, que son frère n'omettra pas de mentionner, dans sa parole écrite, la vaillance des Nadoessis et leur vieil attachement pour les Français!
—Vive la France! s'écria Jacot Godailleur en se levant.
—Vive la France! répétèrent le Canadien et l'indien d'un ton enthousiaste.