Donc, il faut avouer de bonne foi que c'était à l'habit, non à l'homme, —quelle que fût d'ailleurs la distinction naturelle de celui-ci,—que les habitants du Sault-Sainte-Marie rendaient cet hommage de curiosité.

Un habit bien ordinaire pourtant: un uniforme de dragon.

Oui, un simple uniforme de dragon, petite tenue encore, s'il vous plaît.

Bonnet de police sur le coin de l'oreille, col de crin, veste d'écurie, pantalon de cheval, grandes bottes éperonnées.

Nous coudoyons cela tous les jours, sans y faire plus attention qu'à une blouse ou à un paletot.

Mais, autres pays, autres costumes!

On peut déclarer hardiment que jamais pareil équipement n'avait brillé au soleil du Sault-Sainte-Marie.

Là, tout le monde en était aussi émerveillé que nous le serions si un
Peau-Rouge passait près de nous dans sa robe de buffle.

Le pantalon de cheval, rouge d'un côté, noir, ciré, luisant de l'autre, faisait surtout l'admiration publique.

J'ajouterai qu'il accumulait dans l'esprit des admirateurs des sommes d'envie rien moins que favorables à la sécurité future du vêtement et même à la santé de son honorable propriétaire.