Le couvert enlevé, les Américains se mirent à boire du whiskey en faisant une partie de bluff avec le capitaine.

Dubreuil remonta sur le pont où il resta jusqu'au thé.

La soirée étant très-fraîche, sa tasse de thé prise avec un cracker et un peu de beurre salé, Adrien se coucha, tandis que les Yankees se remettaient au jeu et au whiskey.

Ils passèrent ainsi la nuit.

Le lendemain l'un d'eux avait perdu cinq cents dollars. Cette perte ne l'empêcha pas de reprendre les cartes aussitôt après le déjeuner.

Il perdit encore ce jour-là, ainsi que le suivant, et ne s'en montra pas plus triste.

La même cabine servait de salle à manger, chambre coucher, tripot.

Durant la troisième nuit, Dubreuil entendit l'infortuné perdant qui disait à ses compagnons de jeu:

Je possédais deux mille dollars, plus deux actions en valant autant; vous m'avez tout gagné, il ne me reste pas un penny; vous voudrez bien m'employer comme ouvrier aux mines.

—Sans doute, John, répondirent-ils, nous ferons cela pour un ami. Vous êtes fort, intelligent, vos services nous seront très-précieux.