Bientôt, le temps, clair et serein jusque-là, s'assombrit. La colonne disparut dans une bruine grisâtre, à laquelle succéda une pluie torrentielle, qui tomba tout le jour.
Sur le soir, on jeta l'ancre sous le Portage du lac, au pied même de la presqu'île ou pointe Kiouinâ. La Mouette était arrivée à destination.
Elle devait débarquer, le lendemain, ses passagers et son chargement.
Sauf un homme de bossoir laissé en sentinelle, tout la monde se coucha de bonne heure, car si l'équipage était excédé par les travaux de cette dure journée, les passagers étaient fatigués par le ballottement qu'il leur avait fallu endurer pendant plus de huit heures consécutives.
Chacun reposait dans le navire, lorsque du pont partit un cri sinistre, immédiatement suivi d'un coup de feu.
CHAPITRE VII
L'OEUVRE DES APOTRES
Dans la cabine de la Mouette chacun s'éveilla en sursaut.
—Qu'est-ce? qu'y a-t-il? demanda Dubreuil.
—Rien, étranger, peut-être une attaque de quelques rowdies [25], répondit John en étirant paresseusement ses membres.