On sait, toutefois, que Poignet-d'Acier était bien innocent de la charge élevée si gratuitement contre lui.
Mais le sous-chef-facteur n'eut pas de peine à faire partager son opinion à ses subordonnés.
Après s'être consultés, ils se trouvèrent en nombre suffisant pour marcher sur le fort et tâcher de le reprendre à l'ennemi.
Les tentes furent pliées hâtivement et l'on se mit en route.
En approchant de la rivière Churchill, le gouverneur prit les plus grandes précautions pour ne pas tomber dans une embuscade, car il ne savait pas que les Chippiouais avaient évacué la factorerie.
Une épaisse fumée, qui s'élevait lentement de l'enceinte fortifiée, lui apprit une partie de la vérité. Quelques hommes, dépêchés en éclaireurs, revinrent bientôt, annonçant que rétablissement semblait désert.
Malgré cet avis, M. Boyer disposa sa troupe en ordre de bataille avant de s'avancer plus loin.
Puis, assuré de pouvoir faire bonne résistance si ce calme apparent cachait un piège, il se porta résolument, mais en silence, sur le comptoir.
La porte en était grande ouverte.
Aux lueurs d'un immense brasier, dans la cour, on apercevait des monceaux de cadavres, de ruines et de débris,—tous les vestiges d'une place de guerre mise au pillage, mais pas un être humain.