Malgré une profonde répugnance, Mac Carthy obéit.
Kitchi-Ickoui, enlevant ensuite le calumet que le mort avait à la bouche, le remplit de tabac qu'elle alluma, et donna le poagan à notre avocat, en disant:
—Fume.
Mac Carthy était décidé à se soumettre à tout. Il fuma.
Ce ne fut pas tout.
On lui mit aux doigts le tomahawk de Kit-chi-ou-a-pous en l'invitant à charger le corps sur son épaule et à le porter dans une des cellules du tombeau d'hiver.
Cela terminé, au milieu des chants et des danses, et le défunt enseveli suivant la méthode que nous avons précédemment décrite, la Grande-Femme s'arracha une dent à l'aide d'un fil de fer, exigea du misérable Mac Carthy qu'il s'en laissât arracher une par elle, et, avant qu'il eût songé à opposer quelque résistance, lui perça la cloison du nez avec le fil de fer qui avait servi à l'extirpation des deux dents.
La sienne, elle la suspendit à ce fil de fer roulé en anneau; celle de
Bois-Brûlé, elle s'en orna de même avec des cris de joie effroyables.
Cette pratique constitue, parmi les Chippiouais, une des plus importantes cérémonies du mariage.
Nick Whiffles avait trop peu souci de son existence, et il était trop habitué aux vicissitudes du métier de trappeur, pour s'inquiéter de la situation assez critique, d'ailleurs, dans laquelle il se trouvait. Aussi riait-il cordialement de la mine piteuse que faisait Mac Carthy, pendant que sa robuste amante procédait à ces diverses opérations.