—Ciel! s’écria Ogilvy, il y a un homme, des hommes là-dedans! à demi rôtis, qui cherchent à s’échapper!

D’un seul coup, après un soudain bond de son esprit, il relia la chose à l’explosion qu’il avait observée à la surface de Mars.

La pensée de ces créatures enfermées lui fut si épouvantable qu’il oublia la chaleur et s’avança vers le cylindre pour aider au dévissage. Mais heureusement la terne radiation l’arrêta avant qu’il ne se fût brûlé les mains sur le métal encore incandescent. Il demeura irrésolu pendant un instant, puis il se tourna, escalada le talus et se mit à courir follement vers Woking. Il devait être à peu près six heures du matin. Il rencontra un charretier et essaya de lui faire comprendre ce qui était arrivé; mais le récit qu’il fit et son aspect étaient si bizarres—il avait laissé tomber son chapeau dans le trou—que l’homme tout bonnement continua sa route. Il ne fut pas plus heureux avec le garçon qui ouvrait l’auberge du Pont de Horsell. Celui-ci pensa que c’était quelque fou échappé et tenta sans succès de l’enfermer dans la salle des buveurs. Cela le calma quelque peu et quand il vit Henderson, le journaliste de Londres, dans son jardin, il l’appela par-dessus la clôture et put enfin se faire comprendre.

—Henderson! cria-t-il, avez-vous vu le météore, cette nuit?

—Eh bien? demanda Henderson.

—Il est là-bas, sur la lande, maintenant.

—Diable! fit Henderson, un météore qui est tombé. Bonne affaire.

—Mais c’est bien plus qu’un météorite. C’est un cylindre—un cylindre artificiel, mon cher! Et il y a quelque chose à l’intérieur.

Henderson se redressa, la bêche à la main.