Pour montrer au public nos intimes splendeurs,

Nous avons devant lui déshabillé nos âmes.

Non, Madame, nous sommes surtout coupables de n'avoir point d'âmes à montrer. Une âme, même médiocre, candidement mise à nu, est un spectacle admirable: Verlaine l'a prouvé.


Mme Claudine Funck-Brentano compare les caresses qu'elle échange avec son ami aux baisers du ciel et de la mer, car le regard de l'ami ressemble au «firmament qui recouvre le monde.» Et moi, affirme Claudine,

Et moi, je suis la mer orageuse et profonde;

Ma prunelle verdâtre en a tous les attraits.

Mes compliments, Madame.

Antoinette Renaud s'efforce de s'attrister en maniant des fleurs sèches et en leur demandant ce qui dort en leur «sein pâli».

Des vers mélancoliques de la duchesse de la Roche-Guyon m'ont ému parfois par leur abandonnement lassé, m'ont plus souvent fait rire par leur rhétorique naïve ou fatigué par leurs lents procédés de développement.