Une tache rouge (ô douleur!)
Coule de son front comme un pleur!
Elle a, celle-ci, toutes les gaucheries. Ses vers auraient paru vieillots en 1825. On n'y voit que fleurs et papillons. Elle fait des quatrains qui valent celui de Rachel Boyer. Et son vocabulaire est moisi: elle «peint ses feux». Et elle abonde en didactismes rances.
Et ce sont, tous les trois mots, des points d'exclamation, des points de suspension, des points d'interrogation. Et ses rythmes cahotés ne lui permettent pas deux vers de suite qui soient des vers. Mais, quand elle exprime la passion, son mouvement heurté devient naturel et parfois on ne songe plus au ridicule de la forme parce qu'on est ému. Elle a quelques cris venus du cœur ou de la chair, et qui nous font tressaillir.
Les Cantiques du Cantique sont signés Jacques Nervat et Marie Caussé. «C'est pendant de longues fiançailles,—dit la préface,—que ces vers ont jailli de deux âmes qui se sont penchées l'une vers l'autre pour se pénétrer.»
Malgré d'horribles allitérations,
Qu'enlinceule le lin que ta face illumine,
ces vers sont généralement jolis, tendres et harmonieux.
La prosodie des deux jeunes gens effraierait classiques, romantiques et parnassiens. Pourtant elle est relativement sage. Elle n'admet pas le vers que Viélé-Griffin et Marie Krysinska croient libre et que Franc-Nohain avoue amorphe. Elle élide toujours la syllabe muette qui suit une voyelle sans exiger ici l'hiatus qu'on défend ailleurs: