Et l'a jetée au nez tout rouge de l'hiver.

Cette bergère est une brave femme, et qui adore publiquement son époux, et qui lui prodigue en grands vers de petits noms plus gentils et plus originaux que des noms d'oiseaux. Il est «l'heureux Présent»; il est surtout «le pur Éther où brille notre amour». Et cette bonne épouse est une fille tendre; elle constate en rimes riches que sa maman

... s'appelait d'un joli nom: Thérèse

et qu'elle avait de beaux yeux

Que jamais ne ternit aucune syndérèse.

Sœur aimante, elle fait de la musique pour plaire à son frère, le Flégier des stances; elle décore d'un sonnet tout compositeur illustre et mort; elle vante même un vivant, Camille Saint-Saëns, «le Beethoven français».

Les sentiments de ce noble cœur se hiérarchisent comme il convient. Le plus aimé de tous ces aimés, c'est l'époux, «le pur Éther». Il est officier, et elle a encore plus d'enthousiasmes militaires que d'admirations musicales. Elle s'émerveille dès que nos fusils à longue portée tuent courageusement quelques sauvages. Nos exploits malgaches lui inspirent un dithyrambe:

Car bientôt, parmi nous, notre héroïque armée,

Viendra baiser ton front, ô France bien-aimée,

Et le couronnera du laurier des vainqueurs!