Pourquoi n'êtes-vous pas là? quel charme ce serait, pour les auditeurs intelligents qui m'entourent, de vous entendre!... Il y a pourtant, mon cher Jacquard, un jeune homme de dix-sept ans qui serait digne d'être votre élève; mais il n'a pas une basse comme votre bien-aimée.—J'y vais!—On vient me chercher; l'orchestre est à son poste et d'accord; je vais me chanter la scène de Roméo et Juliette; je penserai à vous. Ah! comme ils disent bien la phrase:

CXXI.

A MADAME MASSART.

Paris, 23 septembre au soir, au coin de mon feu (1863).

Chère madame Massart, vous croyez peut-être que, n'ayant plus à recevoir chez vous ni tasses de chocolat, ni sonates de Beethoven, ni quatuors, je ne pense plus à vous?... Vous en êtes capable; vous avez sucé le venin des Maximes de la Rochefoucauld; vous croyez qu'il y a un motif intéressé à toutes nos actions!—Hélas! cela pourrait bien être.

Pourtant, qu'est-ce qui m'oblige à vous écrire, ce soir? Qu'est-ce qui me force à envoyer une poignée de main à votre mari? Qu'est-ce qui me porte à m'apitoyer sur votre sort? car, j'en suis sûr, vous traînez une vie misérable dans votre petite boîte de sapin, pompeusement nommée «maison de campagne», où il n'y a de place que pour un piano, sans queue, où vous sentez la mer à toute heure, où il vente à décorner des bœufs, où, quand vous jouez la sonate en fa mineur, vous vous ennuyez vous-même,

Ayant pour auditeurs des crabes seulement...

Il faut qu'on dise: «Madame Massart est à la campagne, dans sa villa; elle prend des bains de mer, elle folâtre sur les grèves, elle aspire les senteurs marines et les effluves de l'infini...» O blagues colossales et puériles! Je vous plains; mais il faut bien faire son métier de banquiste...

C'est égal, je vous replains.