Cher ami,
Je connaissais l'article du Contemporain; l'auteur me l'avait envoyé avec une très aimable lettre.
Gaspérini va faire ces jours-ci une conférence publique sur les Troyens.
Je viens de corriger la première épreuve de votre hymne; vous recevrez vos exemplaires dans quelques jours.
Adieu; mes douleurs sont si fortes ce matin que je ne puis écrire sans un horrible effort.
CXII
17 janvier 1864.
Cher ami,
Voilà la chose. C'est mille fois sublime, c'est à faire pleurer les pierres des temples... Vous n'avez pas besoin de faire un second couplet, chaque reprise devant se dire deux fois. Ce serait trop long, et l'effet en souffrirait beaucoup. Vous verrez deux ou trois changements de syllabes que vous arrangerez comme vous le jugerez convenable. Les parties n'étant pas toutes parallèles, il a fallu, pour les ténors et les basses, faire ce changement. Il faut vous dire qu'en certains endroits, la partie d'alto ténor est fort mal écrite par Glück; il n'y a pas un élève qui osât montrer à son maître une leçon d'harmonie aussi maladroitement disposée sous certains rapports. Mais la basse, l'harmonie et la mélodie sublimisent tout. Je crois, si vous avez des femmes ou des enfants, que vous pourrez laisser le morceau en sol; mais il ne faut pas crier; il faut que tout cela s'exhale comme un soupir d'amour céleste. Sinon, mettez le tout en mi-dièze.