Mon cher Humbert,

Aussitôt votre lettre reçue, je me suis levé et j'ai couru chez le célèbre avocat Nogent Saint-Laurent, pour qui l'empereur a autant d'affection que d'estime et sur l'amitié duquel je puis compter. Heureusement, il n'est pas encore parti pour Orange, ainsi que je le craignais. Si quelqu'un peut faire réussir votre affaire, c'est lui. Je ne doute pas de sa bonne volonté. S'il lui faut un aide encore, je lui enverrai M. Domergue, qu'il connaît autant qu'il me connaît moi-même et qui, en sa qualité de secrétaire du ministre de l'intérieur, se mettra en quatre pour obtenir la chose. Nogent m'écrira demain. Adieu; je vous tiendrai au courant.

Votre tout dévoué.

CXXXVIII

Vendredi, 1 août 1867.

Mon cher Ferrand,

Je reçois votre lettre, qui ne me parle pas de celle que je vous ai écrite, contenant la lettre de Nogent. Cela m'inquiète; vous ne l'avez donc pas reçue? Il demandait tout de suite l'indication du lieu où votre jeune homme allait fixer sa résidence, pour lui épargner la police. Dites-moi vite si vous avez envoyé cette indication à Nogent, dont je vous donnais l'adresse.

A vous. Je suis obligé de me coucher.

Je dînerai lundi avec Nogent et avec Domergue.

CXXXIX