Mon homme a cherché longtemps; puis, d'un air satisfait:
—Niente di Weber, niente di questa musica, caro signore, eh! eh! eh!
—Crapaud!
—Ma ecco EL PIRATA, LA STRANIERA, I MONTECCHI, CAPULETI, dal celeberrimo maestro signor Vincenzo Bellini; ecco LA VESTALE, I ARABI, del maestro Paccini.
—Basta, Basta, non avete dunque vergogna, Corpo di Dio?...
Que faire? soupirer?... c'est enfant; grincer des dents? c'est devenu trivial; prendre patience? c'est encore pis. Il faut concentrer le poison, en laisser évaporer une partie, pour que le reste ait plus de force, et le renfermer dans son cœur jusqu'à ce qu'il le fasse éclater.
Personne ne m'écrit, ni amis ni amie. Je suis seul ici; je n'y connais personne. Je suis allé ce matin à l'enterrement du jeune Napoléon Bonaparte, fils de Louis, qui est mort à vingt-cinq ans pendant que son autre frère fuit en Amérique avec sa mère, la pauvre Hortense. Elle vint jadis des Antilles, fille de Joséphine Beauharnais, joyeuse créole, dansant sur le pont du vaisseau des danses de nègres pour amuser les matelots. Elle y retourne aujourd'hui orpheline, mère sans fils, femme sans époux et reine sans États, désolée, oubliée, abandonnée, arrachant à peine son plus jeune fils à la hache contre-révolutionnaire. Jeunes fous qui croyaient à la liberté ou qui rêvaient la puissance! Il y avait des chants et un orgue; deux manœuvres tourmentaient le colossal instrument, l'un qui remplissait d'air les soufflets, et l'autre qui le faisait passer dans les tuyaux en mettant les doigts sur les touches. Ce dernier, inspiré sans doute par la circonstance, avait tiré le registre des petites flûtes et jouait de petits airs gais qui ressemblaient au gazouillement des roitelets. Vous voulez de la musique; eh bien, en voilà que je vous envoie. Elle n'est guère semblable au chant des oiseaux, quoique je sois gai comme un pinson.