Je passerai chez vous, je vous remettrai ce que je vous dois encore; de là, chez mes parents quelque temps; chez ma sœur, à Grenoble (elle épouse un juge, M. Pal); de là, à Paris... Deux concerts pour faire entendre mon mélologue avec la Symphonie fantastique, puis je pars pour Berlin avec toute ma musique... puis... l'avenir.

J'achève en ce moment un grand article sur l'état de la musique en Italie, pour la Revue européenne (nouveau titre du Correspondant, comme vous savez). C'est Carné qui me l'a demandé en m'apprenant son mariage en Bretagne; il doit y être maintenant, et ses nuits sont éclairées des rayons de la lune de miel. Auguste aussi!... Bon!

Adieu.

XLI

Rome, 17 février 1832.

Ma dernière lettre se serait-elle encore égarée, mon cher ami? J'ai répondu à celle que je reçus de vous il y a un mois, le lendemain même de son arrivée; comme je vous y parlais de beaucoup de choses, je pensais que vous eussiez riposté sur-le-champ, et pourtant j'attends encore; vous n'écrivez pas. Quel tourment que l'exil! chaque courrier, depuis plus de quinze jours, est un nouveau sujet d'humeur. Si ma lettre s'est encore perdue, ma foi, je ne sais plus comment il faudra nous y prendre pour notre correspondance. Je partirai d'ici le 1er mai, je vous verrai alors au commencement de juin. Allons donc, écrivez donc!

Germain m'a donné des nouvelles d'Auguste et de son mariage.

Eh bien, il est marié! eh bien, c'est bien: mais c'est fort mal de ne pas me répondre.

Que le diable l'emporte!

Tenez, je comptais remplir ces trois petites pages, mais je n'ai pas d'autre idée que celle de vous reprocher votre paresse, et je n'en ai pas le courage.