Je vais retourner à la Côte dans peu; ainsi répondez-moi là, et n'oubliez pas sur l'adresse de mettre mes deux noms pour que la lettre ne paraisse pas adressée à mon père.

Dieu, comme la chaleur hébète!

Adieu; tout à vous.

XLVII

La Côte, 10 octobre 1832.

En deux mots, mon cher Humbert, il faut que vous veniez plus tôt que nous n'étions convenus. J'ai réfléchi que, ne partant pour Paris qu'au milieu de novembre, je m'exposais à manquer mon concert; en conséquence, je partirai à la fin de ce mois. Venez donc sans faute dans la dernière huitaine d'octobre, nous aurons tout le temps de monter nos batteries et de bien digérer nos projets pour l'avenir. Puis je vous accompagnerai jusqu'à Lyon, où nous nous séparerons bien saturés l'un de l'autre. Écrivez-moi aussitôt après la réception de ce billet, et indiquez-moi le jour fixe de votre arrivée. Mes parents ont conservé de vous un trop agréable souvenir pour ne pas être charmés de votre visite; ils me chargent de vous témoigner l'impatience qu'ils ont de vous revoir. Ma sœur aînée seulement ne sera plus ici, à son grand regret, car elle vous apprécie bien. En revanche, je compte sur votre frère, ne manquez pas de l'amener. Apportez avec vous le volume d'Hamlet, celui d'Othello et du Roi Lear, et la partition de la Vestale; tout cela nous sera utile.

Je n'ose espérer que vous ayez quelque chose de notre grande machine dramatique à me montrer; pourtant vous me l'aviez bien promis.

Enfin n'importe, venez, et d'abord écrivez-moi.

Présentez mes salutations respectueuses à vos parents, et en particulier à votre charmante femme.

Adieu, mon ami.