A l'égard des robes, les prospectus de l'époque nous apportent des indications précieuses. Voici celui de la citoyenne Lisfrand[185], jadis Teillard, établie à la Maison-Egalité, près du café de Foy. Au cours de leurs promenades, sous les galeries, les filles publiques ont le loisir de constater le merveilleux choix qu'elle possède en robes de demi-parure, de parure, de négligé ou de bal et dans « tous les genres imaginables ». C'est que la citoyenne Lisfrand ne tient pas à faire mentir la réputation qu'assure au Palais-Egalité le prospectus d'un nouveau journal, qui le déclare « un séjour enchanteur où les modes se renouvellent de la manière la plus merveilleuse et la plus variée[186] ».
[185] Et non « Lisfranc », ainsi que l'écrit L. Augé de Lassus, dans la Vie au Palais-Royal, p. 117. Voir le fac-similé que nous donnons, page 163, de ce prospectus.
[186] Prospectus de l'Annonce des modes les plus récentes, toutes décrites d'une manière intéressante et toutes fidèlement rendues par des planches en taille-douce enluminées ; ouvrage qui, en donnant une connaissance exacte et prompte, tant des habillements, des coiffures de l'un et de l'autre sexe, instruit le lecteur de tout ce que les modes ont de plus agréable et de plus simple, soit dans la partie des meubles et des décorations d'appartements, soit dans celle des ouvrages d'orfèvrerie, des bijoux, ou voitures, etc., etc. ; Paris, 1790, imprimerie Letellier et André, in-8o, 4 pp.
La citoyenne Lisfrand offre aussi des chapeaux à ses acheteuses, des bonnets à la grecque, à la française, à la romaine, et c'est bien elle et ses propositions insidieuses que le poète de la Terreur peut tourner en couplets :
Donnez-moi donc votre pratique,
Mesdames achetez mes chapeaux,
Vous n'en verrez pas de plus beaux,
J'ai l'élite dans ma boutique :
On y cria deux ans, bravo,
Sur celui à la Figaro!