— Vous êtes bien M. Lepelletier? demanda le jeune homme.
— Oui, monsieur.
— Vous avez voté la mort du roi?
— Oui, je l'ai votée en mon âme et conscience, d'ailleurs…
— Tiens, misérable, tu ne voteras plus!
L'éclair d'un sabre raya l'ombre. Le dîneur s'effondra sur sa chaise, tandis que le jeune homme, au milieu du tumulte, gagnait la porte. On releva le blessé. Il hoqueta :
— J'ai bien froid[274].
[274] D'Allonville, Mémoires, tome III, p. 147.
Quelques heures plus tard, expirait l'assassiné : Louis-Michel Le Pelletier de Saint-Fargeau, député du département de l'Yonne à la Convention nationale.
Il se trouva des journaux pour plaisanter ce cadavre tiède encore, et lui composer une épigraphe ironique dans ce goût :