Mais les leçons de l'âge mûr sont sans force dans la vie! Aux premiers ouragans des passions, elles disparaissent comme les nids des oiseaux.
XLV
t maintenant qu'il y pensait, que son souvenir venait de se reporter à ce drame effacé depuis si longtemps, il revoyait avec amour la radieuse figure de la vierge que, par une nuit d'été, il avait audacieusement volée à son père et à son amant.
C'est une femme comme celle-là qu'il lui fallait; immaculée de corps, pure de pensées, jeune et belle, douce, aimable et docile. Mais où la trouver? Quelle terre bénie contenait ce trésor? Quel toit de poil ou de tuile abritait cette merveille? Quelle natte ou quel tapis foulaient ses pieds nus?
Il chercha longtemps. Il parcourut le Tell et le Beled-el-Djerid. Il visita les douars. Il s'informa dans les villes. Il pourparla avec les matrones. Il n'était plus jeune, mais il était riche, et il s'aperçut bien vite que toutes voulaient spéculer sur lui. Il faillit prendre des filles déflorées, et d'autres souillées par le baiser public; mais la chance, qui, depuis sa jeunesse, s'asseyait à ses côtés et sautait en croupe sur son cheval, resta sa compagne fidèle et le sauva de maintes ridicules aventures.
Et plus le temps passait, plus s'augmentait le nombre de ses poils gris, plus le but devenait douteux et difficile, plus il s'entêtait et disait: