Va, bon drille
Au larcin!
Doux butin!
Pille, pille!
Loin du larron
L'époux surveille,
Mais il ne veille
Que sa moisson;
Et du pillage
De tout son bien
Il ne voit rien,
Plaisant mirage!
Que du blé mûr
La tige haute,
La blonde côte,
Le ciel d'azur;
Du babillage
Tout haletant,
Rien il n'entend,
Plaisant ramage!
Que les gais chants
Que l'alouette
Dans les blés jette
Aux deux amants.
Va, bon drille,
Au larcin!
Doux butin!
Pille, pille!
Et quand demain viendra le moissonneur, il relèvera du bout de sa faucille les gerbes foulées, maugréant ou riant, suivant l'âge, sans songer que c'est là peut-être qu'est, pour toujours, couché son honneur.
XII
Donc les petits de l'alouette se culbutaient dans les blés et Kradidja devenait plus pensive. Le souci se logeait au fond de sa pensée, car elle craignait non pour la tête de l'époux, mais pour celle du fils.
Il ne quittait plus le douar. On le rencontrait errant près des tentes et tous l'observaient. On chuchotait et bientôt on parlerait tout haut.
Elle prit Mansour à part et, s'étant assurée que nul ne pouvait l'entendre: