Du douar aux soixante-dix tentes, des troupeaux que jadis gardait Mansour, de la belle Meryem, de l'altière Kradidja, du vieux cheik et de la fraction des Ouled-Sidi-Abid, il n'y eut plus que le souvenir.

Au crépuscule, les rôdeurs de nuit se jetèrent sur les cadavres. Ils virent des femmes éventrées qu'avaient violées les cavaliers du Magzen. C'est la guerre. Elles avaient été dépouillées de leurs anneaux d'argent, de leurs bracelets et de leurs bagues. A chaque peine son salaire; le soldat, qui vend sa vie, doit jouir après le combat.

Cependant on trouva sur le cœur de l'une d'elles une amulette qui cachait un petit anneau d'argent.

Il n'y avait plus à razer que des burnous sanglants, des tentes trouées, des lambeaux de haik; ils les volèrent, laissant le reste aux chacals.

Il faut bien que le pauvre vive.


XXIV