—Cela dépend de quoi?

—Du nombre de litres de vin que vous m'offrirez à notre rentrée à Bone ou à la Calle.

—Un litre par tête, dit le marchef, cela te va-t-il?

—Beuh! si j'allais à la tente des Kebirs, ils m'en offriraient deux et même trois; mais je les boude; va pour deux litres par tête, et vous aurez la préférence.

—Ça fait douze litres que nous te devrons. Entendu. Et que vas-tu nous fricasser?

—Un plat exquis que je tiens directement de la mère Fortengueule. Vous allez vous en lécher les babines.

—Alors, sers chaud et vite.

—Oh! oh! comme vous y allez, chef! On voit bien que vous n'êtes pas initié à l'art culinaire. Il me faut deux heures au moins. Mais vous verrez d'ici là le nez des kebirs, qui sont en train de se décrocher la mâchoire avec leur bouc décédé de vieillesse, s'allonger de ce côté à l'odeur du fricot.

Et il s'éloigna rapidement.

II