Et je la revis, toute inondée de soleil, se détacher sur le fond noir du gourbi ouvert; les anneaux d'argent de ses oreilles et de ses bras jetaient des poignées d'étincelles et le foulard de Tunis soie et or qui enveloppait sa tête flamboya. Puis elle s'enfonça dans l'ombre, me laissant comme vision dernière, un coin soulevé de sa robe.

«Un douro! cette fille! Prophète de Dieu! un douro!» Et je compris l'ardente folie des princes des contes de fées, étendant comme un tapis, leurs royaumes sous les pieds des bergères.

III

Vers le soir, j'eus avec le Biskri un court entretien, dont le résultat immédiat fut le passage d'un douro de ma poche dans la sienne.

Et quand la nuit fut bien noire, que tout dormait au bordj, qu'on n'entendait dans la plaine que les aboiements des chiens des douars et les jappements des chacals, je sortis enveloppé de mes burnous.

Au bas de la côte, une ombre grise se montra.

—Mon fils, avant de faire un pas de plus, dis-moi si le douro que tu as donné est pour ton serviteur.

—Certainement.

—Alors, ajoutes-en un second pour Elle.

—Je regrette de ne pas en avoir cent, je les lui donnerais.