Des brins de foin étaient accrochés à ses cheveux ainsi qu'à sa blouse de toile bleue; elle ne prit même pas la peine de les enlever.
Quand les paroles de politesses eurent été échangées avec le baron, tout le monde se rassit sur l'herbe.
--Me pardonnez-vous de vous déranger ainsi? dit d'Arjuzanx.
--Mais vous ne nous dérangez nullement; les bras de ma fille pas plus que les miens ne sont indispensables à la rentrée de nos foins.
--Au moins s'y emploient-ils.
--Je trouve très amusant de jouer à la paysanne, dit Anie.
--Vous aimez la campagne, mademoiselle?
--Je l'adore.
Le baron parut ravi de cette réponse.
L'entretien continua; puis il languit; le baron paraissait préoccupé, peut-être même embarrassé; en tout cas, il ne montrait pas son aisance habituelle; alors Anie s'éloigna sous prétexte d'un ordre à donner, et rejoignit les faneuses qui avaient repris le travail.