Il avait lu sans s'interrompre, sans respirer, courant de ligne en ligne; mais dès les premières, au moment où il commençait à comprendre, il avait été obligé de poser sur son bureau la feuille de papier, tant elle tremblait entre ses doigts.

C'était un coup d'assommoir qui l'écrasait.

Après quelques minutes de prostration, il recommença sa lecture, lentement cette fois, mot à mot:

«Je donne et lègue à monsieur Valentin Sixte... la propriété de tous les biens, meubles et immeubles, que je posséderai au jour de mon décès.»

Évidemment, ce testament était celui que son frère avait déposé au notaire Rébénacq, et ensuite repris; la date le disait sans contestation possible.

Pas d'hésitation, pas de doute sur ce point: à un certain moment, celui qu'indiquait la date de ce testament, son frère avait voulu que le capitaine fût son légataire universel; et il avait donné un corps à sa volonté, ce papier écrit de sa main.

Mais le voulait-il encore quelques mois plus tard? et le fait seul d'avoir repris son testament au notaire n'indiquait-il pas un changement de volonté?

Il avait un but en reprenant ce testament; lequel?

Le supprimer?

Le modifier?